Yuriko Backes a présenté la nouvelle trajectoire de l'effort de défense du Luxembourg à l'horizon 2029

Le 20 mai 2026, au lendemain de l'annonce faite par le Premier ministre lors de sa déclaration sur l'état de la nation, la ministre de la Défense, Yuriko Backes, a présenté le détail de l'évolution de la trajectoire de l'effort de défense du Luxembourg.

Lors de la réunion jointe de la commission de la Défense et de la commission des Affaires étrangères et européennes, de la Coopération, du Commerce extérieur et à la Grande Région, ainsi que de la délégation luxembourgeoise auprès de l'Assemblée parlementaire de l'OTAN, la ministre Backes a informé les député.e.s que le Conseil de gouvernement a décidé une augmentation annuelle de l'effort de défense de +0,1 % jusqu'en 2029.

Selon les dernières estimations du Statec de l'évolution du revenu national brut (RNB), la trajectoire de l'effort de défense se présente comme suit (à noter que seuls les pourcentages ont été fixés et que les montants en millions d'euros ont été calculés sur la base des estimations du RNB et sont donc susceptibles d'évoluer en fonction des prévisions):

 

2027

2028

2029

RNB en millions €

65.374

68.769

72.375

Trajectoire +0,1 %

2,1 %

2,2 %

2,3 %

Effort de défense en millions €

1.373

1.513

1.665

"Cette évolution de l'effort de défense est une réponse raisonnable aux défis découlant du contexte géopolitique. C'est une décision qui tient également dûment compte de la réalité nationale", a souligné Yuriko Backes.

La nouvelle trajectoire de la Défense luxembourgeoise s'inscrit pleinement dans l'engagement pris par tous les Alliés de l'OTAN lors du sommet de La Haye en juin 2025 d'investir 5 % du PIB (RNB pour le Luxembourg) dans la défense jusqu'en 2035, dont 3,5 % pour la défense au sens stricte (core defence) et 1,5 % pour des dépenses liées à la défense et à la sécurité au sens large. En vue du sommet d'Ankara en juillet prochain, les Alliés sont appelés à présenter une trajectoire crédible pour atteindre progressivement l'engagement de La Haye et de traduire cet engagement financier en capacités et forces militaires concrètes.

Étant donné qu'en 2029 l'OTAN a prévu de revoir la trajectoire et la répartition des dépenses de défense à la lumière de l'évolution du contexte stratégique et que cette même année des nouveaux objectifs capacitaires seront attribués au Luxembourg par l'OTAN, le gouvernement a décidé d'arrêter une trajectoire de l'effort de défense que jusqu'à l'année 2029. Cette décision tient également compte du fait que des élections législatives auront lieu au Luxembourg en 2028 et vise à permettre au prochain gouvernement de définir la trajectoire au-delà de 2029 en fonction de l'évolution de la situation.

"Nous investissons ainsi dans notre défense nationale et dans une Europe plus forte. Il ne s'agit pas de se lancer dans une course aux armements. Il s'agit de mettre en place des capacités crédibles qui contribuent à la défense de notre pays et à la défense collective", a déclaré la ministre de la Défense.

La trajectoire prévoit non seulement des investissements considérables dans les objectifs capacitaires du Luxembourg, dont notamment la mise en place du bataillon binational de reconnaissance de combat belgo-luxembourgeois et des futures capacités de défense aérienne et antimissile intégrée, mais également dans des projets à haute valeur ajouté avec un retour économique conséquent – par exemple dans le domaine spatial ou cyber. En ligne avec la Stratégie industrie de défense du Luxembourg, un accent sera mis sur le financement de la recherche et du développement dans les domaines prioritaires définis.

La poursuite du soutien militaire à l'Ukraine constitue un autre pilier central de la trajectoire et de la mise en puissance de la défense européenne. "La défense de l'Europe commence en Ukraine et ce plan réaffirme notre pleine solidarité avec la population et les forces armées de l'Ukraine", a conclu la ministre Backes.